Le
mensonge peut-il être juste ? La notion d’éthique est-elle assujettie à l’action ou à l’intention ? L’héroïsme est-elle une forme de folie et le héros un psychopathe en puissance ?
Le « bien de tous » doit-il supplanter la vérité, la morale et l’éthique ? La dictature peut-elle se justifier comme acte citoyen ? L’homme est-il fondamentalement bon ou
mauvais ? Dans le chaos, l’homme perd-il sa qualité humaine ? Peut-il s’affranchir des règles ou, hors civilisation, devient-il un animal comme les autres ? Le mal sans but est-il
le pire des maux ? Que serait le bien sans reconnaissance ? Etre ou ne pas être (un héros) telle est la question ?
Je n’égraine pas ici les sujets des derniers bacs philos mais quelques unes des questions suscitées par un personnage gainé de noir aux
oreilles pointues et répondant au nom d'oiseau de Batman, dont on n’attendait pas tant ! C’est presque à défaut que je suis allée voir au cinéma avec mon cher et tendre « The Dark
Knight », le dernier Batman et sans doute le meilleur film de super héros jamais réalisé. Tous les ingrédients du genre sont bien sûr réunis : casse spectaculaire en prologue,
combats épiques, effets spéciaux, gadgets high-tech et toute la gamme des véhicules motorisés réduite en bûcher ou en compression volante. Mais le réalisateur ne s’est pas contenté de faire un
agglomérat sans fond ni conscience, chaque scène aussi spectaculaire soit-elle sert une intrigue tortueuse, d’une rare profondeur et riche en rebondissements. On croit que le film part
dans une direction et voilà qu’il nous entraîne dans une autre. On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre des différents personnages, les héroïnes peuvent mourir et les bandits sauver le
monde, les gentils ne sont jamais aussi gentils qu’ils en ont l’air et les vilains semblent tout droit sortis d’une pub Orangina Rouge (Pourquoi est-il si méchant ? Parce queeeeeeee).
Sauf que, quand débarque le Joker, cet
anti-humain aux motivations opaques, que rien n’atteint, qui ne craint ni de souffrir ni de mourir, loin du stéréotype hollywoodien du bad guy assoiffé de puissance, d’argent et/ou de
vengeance qu’on achèvera lentement et atrocement en bouquet final, on n’a plus du tout envie de rigoler. Rarement méchant de cinéma nous aura autant glacé le sang (et dire que c’est l’homo
coincé et stoïque de Brokeback Mountain qui livre cette interprétation hallucinante). Tout cela reste évidemment du cinéma de « divertissement », on ne sombre pas du côté
obscur de la force tout de même, à la fin l’optimisme face à l’humain reste de rigueur (même si, on le sait hélas, il ne correspond pas à la réalité) et les raccourcis ne font pas peur (on se
remet fissa de quelques balles dans le corps, d’une brûlure au troisième degré ou d’une chute à priori mortelle). Il n’en reste pas moins qu'on sort du film non simplement diverti mais un peu
moins con, on se sent perturbé, interpellé, turlupiné par tant d'ambiguïté, on se retrouve à discuter du sens de la vie et du devenir de l’humanité…
Qui l’eut cru ? Godard peut prendre sa retraite, Batman assure la relève !
Avec un été qui s’achève dans un mois (ou déjà terminé, si l’on regarde par la fenêtre), il serait peut-être temps que je vous livre
enfin le billet promis reprenant les grandes lignes de mon
intervention à Direct 8 sur le thème des « livres bien-être : les incontournables de votre été ! » De toute façon, la littérature n’a pas de saison, la plupart des
bouquins évoqués sont sortis depuis des lustres et, en les lisant, c’est avant tout dans le cœur et l’esprit que l’été se passe (admirez cet art consommé de se raccrocher aux branches).
Intronisée experte du couple, c’est donc le sujet « relations amoureuses et sexuelles » qui m’était échue. Pour
changer un peu de la littérature de poulette, je me suis intéressée au point de vue et pensées de nos amis les hommes en présentant trois auteurs : un psy, un scientifique et un
romancier.
On commence
avec la bible des relations hommes-femmes, il s’agit bien sûr du fameux « les hommes viennent de mars, les femmes viennent de vénus », C’est vraiment le livre qui a changé
ma vie puisqu’il fait en somme l’autopsie de mes relations passées. Tout ce qu’il ne faut pas faire, je lai fait. Et c’est grâce à John Gray que j’ai compris que les hommes et les femmes, c’est
pas pareil, que ça n’a pas les mêmes besoins et que traiter l’autre de la manière dont on voudrait être traité relève du sabotage. Si certains d'entre vous ne l’ont pas encore lu, c’est l’été ou
jamais pour le faire, quant aux autres, une piqûre de rappel ne fera pas de mal. J’estime que, de même qu’on ne visite pas un nouveau pays sans son Guide du Routard dans la poche, on ne
devrait pas commencer de nouvelle relation amoureuse sans son Mars et Vénus en poche. Et si d'aventure le vôtre continue à prendre la poussière sur votre table de nuit sans que vienne à
Monsieur l’idée de le lire, tentez la thérapie par l’humour. Emmenez le donc voir le spectacle de Paul
Dewandre, un véritable digest à la sauce humoristique ne pètant pas plus haut que les talents du bonhomme qui ne se prétend pas comique,
mais sait rester juste et faire passer avec légèreté, pédagogie et empathie l’essentiel de la philosophie Mars&Vénus, tendant au public un miroir dans lequel chacun se reconnaît et
s'autorise à rire de bon cœur. Une vraie réussite !
Passons
à l’éminent professeur Robin Baker. On connaissait la « guerre des sexes », grâce à lui on va découvrir la « guerre du sperme » avec « Sperm Wars » (l’éditeur
ne s’est pas fatigué à traduire). D’après l’auteur, la conception n’est pas comme nous le pensons naïvement le fruit du hasard mais de calculs reproductifs et de stratégies sexuelles
inconscientes pour transmettre les meilleurs gènes à nos enfants. Il explique par exemple que seuls 1% des spermatozoïdes sont fertiles, les autres sont juste là pour combattre leurs rivaux.
C’est lui aussi qui a démontré que 10% des enfants ne sont pas engendrés par leur père présumé, autrement dit : Un papa sur dix n’est pas le père biologique de l’enfant qu’il élève et
qu’il croit être le sien !!! Ça fait réfléchir… Mais l’intérêt principal de ce bouquin c’est que, pour illustrer son propos, et en particulier que l’infidélité, la masturbation,
l’homosexualité, le triolisme, etc participent aux stratégies de reproduction, l’auteur use et abuse de scènes sexuelles des plus explicites : ça partouze à tout va, les femmes trompent
allègrement leur mari avec le jardinier ou l’équipe de foot locale, quand c’est pas avec la voisine de palier… bref, grâce au professeur Baker on va pouvoir s’encanailler, tout en passant pour
un intellectuel assoiffé de connaissance !
On
termine avec mon coup de cœur, Mike Gayle, un romancier anglais, qui est un peu le pendant masculin de Bridget Jones pour le style et d’Amélie Nothomb pour la régularité, puisqu’il
nous pond un roman par an depuis 8 ans, dont quatre traduits en français (sans compter son séduisant site). En fait, là où Bridget Jones incarne la folie de l’engagement, les héros de Mike Gayle illustrent la phobie de l’engagement. C’est drôle, bien
vu, bien écrit, bien ficelé et finalement plus pertinent et subversif que Bridget Jones, cette grande arnaque du siècle où l’auteure prétend déboulonner le Prince Charmant alors qu’elle ne fait
que renforcer le mythe. Chacun des romans de Mike Gayle nous donne l’opportunité de plonger dans l’esprit de nos amis les hommes et de mieux comprendre leur mode de fonctionnement, leurs
motivations, ce qui les anime, ce qui fait qu’un jour il s’emballent pour une nana et que le lendemain ils freinent des quatre fers. D’ailleurs, je vous conseille de les prendre dans l’ordre pour
suivre l’évolution de célibataire endurci à célibataire adouci, puis trentenaire maqué, puis marié, puis papa… Et pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous livre, en eeexclusivité pour
vous, amis bloggers, un extrait de son dernier roman paru en France « Un dîner pour deux » (pas le meilleur, ça sent un peu trop le Mars & Vénus et le réchauffé à mon
goût) : « Mis à part, de temps en temps, l’irruption d’une femme nue, rien ne se passe là-haut, dis-je en montrant ma tempe. Les hommes sont des visuels. Si nous pensons à quelque
chose, ce quelque chose est neuf fois sur dix ce que nous avons sous les yeux. Comme ce truc, j’ajoute avec un geste vers le yucca posé sur la télé de la cuisine. Je ne sais pas combien de fois
j’ai arrêté la télé pour me brancher sur cette plante et me demander à quoi elle penserait, si une plante pouvait penser ; si elle pourrait vivre ailleurs que dans son pot ; comment le
mot yucca a été inventé et s’il est bien choisi ou pas ; tout ça pour finalement penser à des femmes toutes nues et aller me coucher ».
Sur ce, je vais penser à des hommes touts nus, puis aller me coucher !
En cette
veille de vacances, je pense à ceux qui n’en ont pas forcément et qui devront se contenter d’un week-end, pas trop loin, pas trop cher, où chaque membre de la famille pourrait
trouver son compte… c’était un peu l’idée quand j’ai été chargée d’une mission impossible début juillet : trouver une chambre d’hôte près de la mer et de la région parisienne pour toute la
famille, y compris belle-sœur et belle-mère, susceptible de nous héberger tous la veille du 14 juillet, soit en plein milieu du week-end le plus couru de l’année. Quelques heures sur Internet et
une quinzaine de mails plus tard, voilà qu’au milieu de toutes les réponses négatives,la Rivierette est prête à nous accueillir et nous laisse même le choix : une grande chambre familiale ou deux chambres côtes à côtes. Louche me direz-vous… sauf qu'il y a une explication logique : la Rivierette faisant également salle de réception, toute l’infrastructure avait été mobilisée pour un mariage qui se terminait au milieu du week-end prolongé, soit le jour de notre arrivée. Cet heureux coup du destin nous a ainsi permis de découvrir le top des chambres d’hôtes familiales en Picardie, aux pieds de l’autoroute, à 20 kilomètres de la mer et de la Baie de Somme.
Quand on pense week-end à la mer à deux heures de Paris, on
pense plus souvent Normandie que Picardie (si, si, y’a la mer en Picardie) et c’est bien dommage car on passe à côté des meilleurs spots familiaux, avec plages, petits trains, parcs, attractions
et activités pour les petits comme pour les grands. Ainsi, autant au Château de Ricquebourg, c’était la chambre qui faisait toute la différence, autant à la Rivierette, c’est l’environnement qui apporte le "plus" tout-en-un de détente,
divertissement et praticité propres à un week-end en famille idéal.
- Côté détente, chaque chambre de la grange à
colombages rénovée dans l’esprit picard a sa porte-fenêtre qui donne sur un carré de verdure avec table et chaises, dans un cadre bucolique à souhait, face aux vaches qui viennent se
désaltérer deux fois par jour à la petite rivière qui coule à vos pieds, avec des jardins alentours où sont décimés des chaises longues du genre ergonomiques et ultra-confortables qui se
déplient en clic avec l’envie de ne plus jamais en sortir.
- Côté divertissement, difficile de faire mieux avec une piscine couverte (une rareté dans le nord de la France), des jeux d’eau, d’intérieur et de plein air (avec un bac à jouets qui attend les plus petits dans leur chambre) avec accès Wifi, deux trampolines géants (de quoi s’éclater, qu’on soit petit ou grand), des balançoires, un tennis de table, un croquet, un chemin de balade juste à côté de la ferme et des vélos à louer pour qui voudrait s’aventurer plus loin, fort des conseils avisés des proprios.
- Côté praticité enfin, un séjour avec cuisine
comprenant frigidaire, lave-vaisselle et terrasse, est à disposition des hôtes, ce qui, pour des amateurs de pique-nique comme nous, est un avantage non négligeable… en plus, vu les circonstances,
on a eu droit à un plat de riz libanais restant des noces ! Pratique côté budget aussi, puisque le prix des chambre est lui aussi "familial", soit environ 30 € par personne avec le petit déjeuner.
Bref, une journée aura suffit pour nous laisser un petit goût de revoyure. D’ailleurs, on a oublié notre trousse de toilette là-bas, un acte manqué qui en dit long sur notre envie d’y revenir. Sauf qu’après ce billet, ça va être comme à Ricquebourg, vous allez tous vous y précipiter et ça va tout le temps être complet… surtout maintenant que vous savez qu’il y a la mer en Picardie !
à la faveur du vol retour de notre séjour à Malte. Ce pays a entre autre défaut d’être un nid à jeunes en séjour linguistique, lesquels visiblement n’ont rien compris
au concept, la langue qu’ils sont supposés pratiquer n’ayant rien à voir avec celles dont ils fourragent pourtant consciencieusement la bouche de leurs congénères. Bref, nous voilà donc mon mari, ma belle-sœur, mes deux enfants et moi en rang d’oignon dans la boîte à sardine d’Air Malta, bousculés par une hordes d’ados de 15-16 ans qui hurlent, ricanent, s’esclaffent, s’interpellent, grimpent les uns sur les autres et vous collent leur cul dans la figure en se démenant dans les allées. Vous prenez
votre mal en patience, il faut bien que jeunesse se passe. Vous vous illusionnez même, aveugle au gouffre qui vous sépare, en tentant un semblant de conversation et quelques plaisanteries. Mais cumulé aux drames inhérents à tout voyage avec des enfants en bas âge, avec les plateaux repas qui valsent, le grand ébouillanté par une tasse de café, le petit trempé et à changer de pied en cap dès le décollage, vous êtes dans un état de stress passablement avancé quand l’avion pointe sur nez sur Paris. Et bien sûr, votre bébé choisit le moment où la ceinture est bouclée et où plus personne ne peut bouger pour produire un étron aux effluves entêtants et pour se mettre à hurler comme un monstre de série Z. Le genre de situation à dégoûter tout le monde, vous y compris, de l’idée d’avoir des enfants. Rivée à votre fils et engoncée dans votre rôle de martyr de la cause maternelle, vous sentez votre espace vital grignoté par une hostilité croissante. Au début, ça n’a l’air de rien, une vanne par ci "Tas du parfum ?",
un soupir par là "mais faites le taire !". Vous sentez bien cependant que ce n’est pas « juste » pour déconner, que les attaques sont aussi oppressantes que les canons d’un peloton d’exécution. Vous finissez par lancer en vous retournant « ben ouais, c’est comme ça les enfants, ça fait partie du deal, ça fait caca, ça pue, ça fait du bruit » et voilà que la Reine des Pom Pom Girls vous rétorque, droit dans les yeux : « ben alors, on part pas en vacances avec eux ! », bruyamment encouragée par sa cour. Tenez-le pour dit : le monde appartient aux célibataires sans enfants !
ne semble pas y avoir de limite à la surenchère, les actes se succèdent dénués de sens, tout peut arriver. Face à tant de grossièreté, je suis restée bouche béé, ahurie, et j’ai fini par tourner le dos à l’impertinente en la traitant de « chocotte » incapable de supporter un inoffensif caca de bébé. Vous imaginez cependant comme j’ai ruminé (surtout si vous avez déjà lu quelques unes de mes précédentes mésaventure comme celle-ci ou celle-là), comme j’aurais aimé lui faire remarquer que sans la signature de ses parents elle n’aurait pas l’autorisation de poser son joli cul dans l’avion et tant que ce sera moi l’adulte, et donc le décisionnaire, j’aurais le droit de lui foutre le cul poisseux de mon bébé dans la tronche tant que je veux. Cependant, vu le déséquilibre du rapport de force, je n’avais sans doute pas intérêt à me Jean-Luc-Delarutiser ainsi. Mais si vraiment un jour je réussis enfin à avoir une fille, il faut absolument que je trouve un moyen pour qu’elle n’ait jamais 16 ans. Des idées ?
C’est pas nouveau certes (oui,
oui, le 38 tonnes à gauche de l'image, c'est bien moi, enfin, c'était...), Direct 8 et son émission Bien-Etre animée par ma copine Charlotte, c’est un peu ma cantine. Une
façon pour moi de continuer à faire de la télé,
sans le stress (ni le salaire, faut pas charrier) mais en étant infiniment mieux traitée, accueillie, considérée, et en rencontrant à chaque fois des gens passionnantes. Le débat se prolonge
d’ailleurs toujours une fois le direct terminé, si bien qu’à la fin on est obligé de nous virer du plateau. Bref, si je vous en parle cette fois-ci c’est que cette dernière émission autour des
« livres incontournables de votre été » s’est tournée « dans les conditions du direct » mais pas en direct, qu’elle passera donc le jeudi 10 juillet à 10 heures sur la TNT
et via Internet (cliquer ici)
et que, de l’avis unanime, elle est particulièrement réussie. Je me permets donc de vous la recommander et… vous me direz comment j’étais. Moi, je n’ose jamais me regarder de peur de ne pas me
plaire, de ne voir que mes défauts, mes rides et mes tics, de me flageoler de "t’aurais du" et de "dommage que". Et pour ceux qui me rateront, pas de panique je reprendrai l’essentiel de mon
intervention dans ce billet, dès la diffusion passée !
A l’époque
du « travailler plus pour gagner plus », il n’est jamais trop tôt pour se mettre au turbin et depuis le temps qu’on me répète que j’ai engendré un vrai « poupon
Pampers » et qu’il devrait « faire de la publicité », j’ai fini par envoyer quelques photos de mon fils cadet à trois agences triées sur le volet. A vrai dire, j’avais été échaudé
par une précédente tentative avec Junior N°1 qui, avec la subjectivité gâteuse qui caractérise toute nouvelle mère, était pour moi,
à l’évidence et sans conteste possible, le plus beau bébé du monde. Je fus vexée comme un pou quand la dizaine d’agences parisiennes ne partageant ostensiblement pas mon avis m’ont renvoyé
poliment les photos, la mode n’étant pas au bébés chauves et joufflus aux yeux même pas bleus. Par contre, avec le profil aryen du second, ça n’a pas fait un pli, deux agences sur trois m’ont
répondu le jour même de réception des photos, prêtes à lui signer un contrat illico. La sélection s’est faite naturellement puisque j’avais le choix entre l’usine, traitée en numéro par
une nana à la poignée de main fuyante qui n’a pas daigné jeter un œil sur la future star, et la boutique familiale, reçue par une vraie pro qui n’a pas ménagé ses conseils, tenant mon fils
dans ses bras durant tout l’entretien.
Moi, c’est ça que je cherche, un contact chaleureux et
professionnel, je m’en fous d’avoir dix SMS de casting qui m’arrivent par jour. C’est le divertissement qui m’attire, pas le job, la carrière ou la rémunération. Vaut mieux d’ailleurs
car, soyons clairs, financièrement ça n’a aucun intérêt. Quand on prend en compte le temps qu’on met à courir les castings (qui mobilisent maman et enfant), le coût de l’essence et du
temps/homme, le fait qu’un bébé ne peut travailler plus d’une demi heure par jour (même s’il est payé pour deux heures), qu’il ne touche qu’un tiers de la rémunération (10% pour les parents, 90%
bloqués sur un compte jusqu’à ses 18 ans) et qu’on fait la balance, tout ça peut finir par coûter plus cher que ça ne rapporte. Mais après tout, si on en a le temps et l’envie, pourquoi
pas… et pour ce qui tient du casting lui-même, j’avoue que c’est plutôt distrayant, bébé s’amuse avec ses congénères pendant que les mamans discutent entre elles et l’attente n’excède jamais les
trois quarts d’heure.
Et pourtant, je m’interroge déjà quant à l’opportunité de
poursuivre cette expérience car, contre toute attente, c’est autour et non pendant le casting que le bas blesse, principalement pour trois raisons :
- Tous les castings sont dans l’ouest parisien alors que j’habite l’est et n’ayant pas le courage d’affronter les transports en commun avec bébé et poussette, j’en ai pour trois heures de
voiture à chaque fois, avec le stress du trafic parisien en sus !
- J'ai des considérations que je ne devrais pas avoir, hésitant à sortir bébé dans le jardin pour qu’il ne se fasse pas bouffer par les bestioles ou recommandant à mon mari de « ne
pas l’abîmer » quand je le laisse avec lui, inquiète des bosses ou des boutons qui pourraient lui faire louper un casting.
- Enfin, je n’arrive pas à m’en foutre quand il n’est pas choisi, je n’arrive pas à ne pas le prendre personnellement, à ne pas être déçue et vexée quand il est finalement recalé pour son
premier casting comme ce fut le cas alors qu’il était en finale… pourtant, tout ça ne devrait pas avoir d’importance.
Bref, je doute de ma capacité à maintenir cette expérience dans le domaine du pur divertissement, pour moi comme pour mon bébé… De toute façon, dès que je recommencerai
à travailler, ce sera fini et j’espère bien avoir d’autres projets pour combler le peu de temps libre qu’il me restera avec mes fils. En attendant, autant que cette expérience vous serve, à vous
qui être tentée par une carrière de mannequin pour votre progéniture. Voici donc quelques conseils de plus :
- Inutile d’envoyer les photos à une dizaine
d’agences, choisissez-en 3 ou 4 (les agences conventionnées du marchés se valent plus ou moins toutes), si aucune ne répond positivement dans les 48 heures, c’est que bébé n’a pas le profil…
il n’en reste pas moins le plus beau du monde aux yeux d’une personne au minimum, vous, et une fois adulte il se vengera de tant d’indifférence, donnant tord à ces gens conventionnels de si peu
de goût.
- Pour un bébé, privilégiez les gros plans sobres et simples (ils s’en foutent du corps). Toutes les photos avec accessoires, grimaces, barbouillages… sont à proscrire, même si vous les
trouvez craquantes, ainsi que celles où bébé a une tache, un bouton ou une marque sur le visage, il paraît que du coup le client ne verra que ça (pour lui, le « produit » est
« abîmé »).
- Ne vous affolez de la foule au casting (à cet âge, ça dépote vite, quelques photos et c'est fini) ni de la forte proportion de nanas filiformes aux jambes de deux mètres de long et aux
cuisses plus maigres que vos bras, ce ne sont pas les « vraies » mères des bambins présents, mais des mannequins qui sont là pour incarner la maman de votre bout de chou à l’image
(mieux vaut éviter cependant de discuter avec elles, au risque de réaliser que certaines sont en plus effectivement mamans et ça, c’est super déprimant !)
La suite au prochain numéro…
A la
veille du match de foot contre l’Italie, la presse française dans un bel unanimisme avait été prise d’une frénésie mystique multipliant les titres incantatoires, genre « il ne me
reste plus qu’à prier ! ». Je me souviens avoir pensé qu’il fallait que Dieu en arrive à sacrément s’ennuyer après avoir résolu les problèmes de la faim et de la guerre dans le
monde pour en venir à s’inquiéter du sort de nos pauvres Bleus. Et en effet, c’est apparemment sans scrupule ni pitié qu’il les a laissé dans la panade, à croire presque en voyant les tuiles se
multiplier qu’il avait pris ses quartiers pour laisser le champ libre aux Diable qui, comme tout le monde le sait, n’aime pas les Français. Liberté, égalité, fraternité, non mais quoi
encore ? Et puis voilà que déboulent ces sauvages de Turcs au jeu pour le moins approximatif et aucun sens de la subtilité. Déjà, on se demande ce qu’ils foutent là, dans une coupe
d’Europe, alors que tout le monde se tue à nous dire que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe. Ensuite, échaudé par une première défaite, on se dit qu’on va bien vite les renvoyer dans leur
asiatique Anatolie, quand ils nous bluffent d’un double résultat miraculeux. Menés 2 à 0 contre les Tchèques à 10 minutes de la fin, ils gagnent finalement le match à 3 contre 2. Expédiés
en enfer par un but croate dans la dernière minute de prolongation, ils réussissent à égaliser deux minutes après le temps règlementaire et gagnent aux tirs au but face des joueurs croates
visiblement damnés. Un truc de ouf que j’ai suivi du fond de mon lit aux exclamations de mon mari – qui n’est plus français quand il s’agit de football mais turc – déboulant dans la
chambre comme dans une cuisine Mobalpa ! Allah est grand, certes, mais de là à penser qu’il est plus fort que notre bon vieux Dieu à nous les cathos, il n’y a qu’un pas que seuls les
extrémistes oseront franchir. Mais comme dans la religion islamique les miracles n’existent pas, force est d’admettre que les Turcs doivent leurs victoires « miraculeuses » à leurs
propres ressources et que l’adage « aide toi et le ciel t’aidera » marche dans n’importe quelle religion.
A défaut de beau jeu, les turcs nous ont assené une démonstration de foi et de force, physique comme mentale, avec en substance une morale que d’aucuns
feraient bien de méditer : Prend la responsabilité de ton destin en te gardant de l’arrogance mais sans jamais fléchir dans ta détermination ! Mais bon, la roue tourne... pendant que
Dieu, diable, Allah et les autres continuent à jouer au bras de fer dans cette coupe du monde épique (j’vous jure, ils doivent s’emmerder grave là haut). On verra bien lors du choc teuton de
mercredi prochain qui, du pragmatisme ou de la spiritualité, va gagner ! Rappelez-vous la définition "Le foot est un jeu qui se joue à deux équipes de 11 joueurs et à la fin, c’est les
allemands qui gagnent" !
Epilogue : Finalement les Turcs auront péri par où ils ont vaincu, lâchés par la chance qui jadis les portait, plongeant un peuple dans l'allégresse et un autre dans le deuil... tout ça pour un balon ! Quand à l'échec des Allemands en finale, il ne fait que confirmer mon constat sur la Coupe du Monde 2006 : l'Allemagne n'est plus ce qu'elle était, moins efficace, certes, mais combien plus humaine !











