Il est de notoriété publique que les hommes n’ont pas du tout le même rapport à la nourriture que nous autres
femmes, qui commençons un régime chaque lundi matin pour craquer sur le pot de Nutella dès mardi soir et nous flageller mentalement toute la nuit qui suit ! Quand l’homme
mange trop, c’est généralement parce qu’il cède à des travers typiquement masculins : la paresse, le laissé allé, la luxure, son estime de soi n’est pas en jeu, il
ne ressent ni culpabilité
ni désir de perfection, les deux ferments de notre insatisfaction. Se priver, c’est pas son truc ! Obligez un homme à sauter un repas et vous le mettez dans le même état
d’affolement et de colère qu’un nourrisson dont le biberon tarde à venir car le mâle, tel un bébé, ne supporte pas la non satisfaction de ses besoins primaires. Il y a donc peu de chance
qu’il ait testé les régimes fantaisistes, tout fruit, omelette à chaque repas ou diète au bouillon qui détraquent le métabolisme. On pourra le forcer à changer son alimentation, mais
il n’acceptera jamais de crever la dalle pour la (prétendue) bonne cause. L’esthétique sera d’ailleurs rarement une motivation suffisante, le mâle tend à manifester bien
plus d’indulgence vis-à-vis de son corps et de ses poignées d’amour que ses homologues du sexe féminin qui possèdent un radar capable de détecter les graisses même imaginaires. Ainsi,
quand les hommes entreprennent un régime, c’est
1. Pour des raisons plus ou moins médicales et
2. Une fois pour toute.
Les hommes, oui… mais pas mon mari. Côté régime, c’est une vraie meuf !
Je ne calcule plus le nombre de fois où il a commencé un régime, jurant que cette fois-ci c’était la bonne, et où je l’ai vu craquer en moins de 48 heures.
Le nombre de fois où il est rentré du travail
avec une nouvelle idée fumeuse glanée par ouïe dire, dont la dernière est tellement gratinée qu’il ne l’a même jamais mise en application : ne manger qu’une pomme au repas du
soir. Le nombre de fois où je l’ai vu avaler tel Gargantua en un seul repas chez sa mère l’équivalent des calories que j’ingurgite en une semaine. Le nombre de fois
où il m’a annoncé crânement le peu de calories avalées dans la journée en touchant du bout de la fourchette le dîner mitonné à son intention et où j’ai retrouvé au matin la boîte de petits
gâteaux du fiston vide à ses côtés. Hier encore, il m’a tué d’un interrogation en règle, tableau alimentaire weight watcher à la main, pour connaître la valeur calorique de son déjeuner (chicken wings et potatoes, soit 13
raisonnables points), est-ce qu’il aurait mieux valu qu’il prenne une pizza ? (de 14 à 20 points, donc non) et de comment ça se fait qu’il ne maigrit pas alors que je lui concocte des dîner
à moins de 10 points ?
Sachant qu’il est supposé avoir un métabolisme qui lui permet de brûler les graisses sept fois plus vite que moi et qu’il a perdu 1,5 kilos au terme de ma première semaine chez WW grâce aux
dîners allégés et ce, malgré ses écarts, c’est en effet étrange. En creusant un peu, voilà qu’il m’avoue avoir bu deux chocolats chauds (8 points), pris deux muffins au petit déjeuner (12 points)
et mangé un brownie en dessert (8 points), soit plus en grignotage que le total de points (21) que j’absorbe chaque jour dans le cadre de mon régime !
En même temps, tout
ça, c’est sûrement de ma faute. Quand je l’ai connu, il avait 25 ans et moi déjà 33, il n’avait jamais fait de régime et n’en avait nul besoin. Quelques 3000 dîners et 2
couvades plus tard, le voilà bardé de couenne, le double menton naissant, l’abdomen concurrençant celui du buveur de bière bavarois, les poignées engraissées de trop d’amour… Quand je
vois des photos de lui avant, svelte, jeune
et fringant, je me sens coupable de l’avoir fait vieillir prématurément. Certes, je lui ai donné deux fils, des héritiers, forts comme des turcs, mais est-ce suffisant pour compenser la
motivation que lui aurait donné une petite jeunette appétissante et que moi, rangée des voitures et proche de la date de péremption, je ne suis plus capable de lui insuffler ?
Quand je vous disais que j’étais devenue la parfaite petite femme au foyer, voilà qu’en plus je me fais harponner pour participer au rendez-vous incontournable
des ménagères de moins de 77 ans, la fameuse réunion Tupperware… qui n’a de réunion plus le nom puisqu’on parle à présent « d’atelier
savoir-faire » ! Et on comprend vite, quand on est accueillie par une hôtesse pleine d’allant juvénile et un « conseiller » (et non plus une démonstratrice) bien
propre sur lui, le tablier tiré à quatre épingle, habité par son propos tel un pro, malgré le lait qui perle encore au bout de son nez, que nous n’avons plus affaire aux bonnes vieilles
Tupperware Party de jadis,
où les ménagères désoeuvrées s’agglutinaient autour d’un monceau de boîtes colorées aussi attractives que les cubes pour un nourrisson. On ne reste pas le N°1 de la VPC en France
avec un réseau de distribution exclusivement réservé aux visites à domicile sans maîtriser l’art d’adapter son offre à l’évolution de la société (ce en quoi les Américains, déjà
à l'origine du concept Weight Watchers, restent des maîtres à l'efficacité imparable). Chez Tupperware, ils ont bien
compris que la réunion était avant tout un prétexte pour se retrouver entre copines et que pour optimiser les ventes, mieux valait capitaliser sur cette convivialité, au-delà de
la seule qualité des produits.
L’hôtesse n’invite plus ses amies à
une démonstration mais à découvrir, par exemple, une « autre façon de cuisiner la pomme de terre » à travers la confection et la dégustation de deux recettes : Lasagnes de pommes
de terre et madeleine au munster. Quand on nous prend par les sentiments, comment résister ? Vous comprenez mieux comment je me suis fait avoir et pourquoi je me suis
retrouvée en ce dimanche après-midi à écouter religieusement les vertus de ces produits ingénieux, écologiques et innovants au lieu de m'occuper de mes hommes (quoi que, ils ont
eu droit aux restes !).
Si quelques minutes à manier le batteur ou le hachoir manuel ont suffit à me réconcilier avec mes ustensiles électriques et si le prix déraisonnable de certains produits (qui « ne se vendent
pas le plus » précisera pudiquement le conseiller… Tu m’étonnes !) m’a refroidie en un coup de cuillères à pot, je n’ai su résister cependant à la boîte ventilée pour le frigo, au tamis
mesureur ergonomique ou au rappeur moulin de table, et hop, voilà mon compte en banque allégé de plus de 60 € (pour ma défense, j’ai quand même élagué à partir d’un bon de commande qui faisait le
double). Mais comme tout vépéciste qui se respecte, Tupperware sait bonimenter pour faire passer la pilule financière, j’ai donc eu en cadeau exxxceptionnel un bol pouce
hermétique pour me remercier de ma présence…
et une passoire accordéon qui se replie pour avoir dépassé les 59 € d’achats…
Et en plus, une boîte pour trois parts individuelles de lait bébé grâce à la générosité de l’hôtesse qui m’a fait bénéficier de ses étoiles cadeaux. Sans compter les madeleines et les lasagnes
que j’ai ramené chez moi pour le repas du soir. En conclusion, pour bien profiter de Tupperware sans se ruiner, il faut :
- Résister à la tentation car le gros de l’investissement se fait sur le design,
les produits sont donc beaux, colorés, attractifs, irrésistibles ! Mais si vous craquez, vous pourrez toujours vous donner bonne conscience en prétendant que vous avez investi dans une œuvre
d’art puisque les plus grands musées de design du monde exposent des produits Tupperware
- Privilégier l’aspect pratique en choisissant des produits qui apportent
un vrai plus dans leur utilisation, au-delà
du look, et pour lesquels la garantie de
10 ans se justifie. S’assurer que la valeur ajoutée est à la hauteur du prix affiché. Un presse-ail ou une miche à pain de mie autour de 40 € (de mémoire), est-ce bien raisonnable ?
- Faire l’hôtesse soi-même et réunir ses amis autour d’un petit gueuleton
(c’est quand même vous qui payez les ingrédients de la recette et mettez votre cuisine à disposition), chacune recevra un produit même si elle n’achète rien
et vous, vous vous aurez droit au super banco avec des cadeaux pour votre présence, pour vos achats, pour les invitations et pour le total de commande.
Charité bien ordonnée commençant pas soi-même, je vous annonce donc officiellement ici, en exclusivité, que j’organise ma
première réunion… euh, pardon, je veux dire mon premier « atelier savoir-faire culinaire Tupperware » avec pique-nique dans mon jardin
le 31 mai 2008 !
Nombre de place disponible limité ! Je vous inscris dès maintenant ?
Voici donc, comme promis, la suite des nominations pour les membres d'équipage du
changement de vie, soit un vrai post de faignasse vu que le texte est déjà écrit pour ma prochaine courge (dernier titre en date de la courge en question : « Choisir sa vie et réaliser
(enfin) ses rêves », bof, bof). Après 1. Le jury, 2. Le confident, 3. Le fan,
4, Le proche, 5. Le modèle, soit des membres choisis, place aux interlocuteurs plus souvent subis :
6. L’entraîneur : C’est le contradicteur, l’avocat du diable, parce qu’on a tous besoin d’un Philippe Lucas pour nous dépasser ! Mais assurez-vous de ses intentions - vous aider et non vous couler - avant de l’engager. Franc, direct, pragmatique, il vous poussera dans vos retranchements et poursuivra sans relâche la petite bête, le vice de procédure, la faille dans le système. Il ne cherchera pas à se faire aimer, mais à obtenir du résultat. Il pourrait même prétendre qu’il ne croit pas en vous, que vous le décevez, que vous n’avez rien dans le ventre. C’est le membre de votre équipe que vous allez conspuer, il vous fera peut-être même pleurer mais entre vos larmes, vous serez forcé de reconnaître « ce salaud a raison ». Si un jour vous arrivez à faire la différence, c’est beaucoup grâce à lui, qui ne vous aura jamais fait de cadeau.
7. Le financier : Il existe deux types de financier – à part l’Etat – au profil diamétralement opposé : le banquier picsou qui pour chaque franc investi espère en récolter plusieurs et le saint sponsor – n’ayant souvent d’autre titre que celui de conjoint – qui espère juste ne pas avoir mis son doigt dans un engrenage financier sans fin. Le sponsor est très sensible à votre épopée, il se repaît de votre noble dessein, il se réjouit de votre enthousiasme communicatif. Il est assez facile à gérer : un peu de poudre aux yeux, une bonne dose de flatterie, quelques envolées lyriques et le tour est joué. Le banquier, lui, est sensible aux faits, aux chiffres, aux preuves et à ses propres intérêts. Il n’hésitera pas à vous conseiller des opérations qui assurent ses arrières… même si elles doivent compromettre votre avenir. Il rejettera sans scrupule un chèque sans provision de 100 €… même si ça coûte 150 €. Donc, moins vous aurez d’argent en banque, plus vous risquez d’en dépenser. Un banquier, ça ne se séduit pas, ça s’achète et le seul moyen d’entretenir de bons rapports avec lui, c’est de rester financièrement irréprochable.
8. L’homme de
loi : Affronter l’homme de loi, avec la paperasse et la patience que ça exige, est un mal nécessaire pour qui veut sécuriser son projet et s’épargner un passage chez Julien Courbet. Face
à un fonctionnaire de l’état, adoptez toujours le profil bas, ne vous dites pas « il suffit que je lui explique ! » Comprenez bien que la justice n’a rien à voir avec ce qui est
juste ou pas. C’est une question de lois, de textes, de dossier complet ou incomplet, de procédure respectée ou pas… C’est surtout une affaire d’experts qui connaissent les codes, les usages, le
jargon du milieu. Plus l’enjeu est important, plus le recours au juriste, avocat, fiscaliste et autre gestionnaire s’avère incontournable, et qu’importe si l’addition est salée.
En cas de litige et même si vous êtes lésée, laissez-le régler les arguties et contentez-vous de faire amande honorable, la tête basse, contrite et repentie « Oh oui, je suis vilaine,
châtiez-moi ! » et l’homme de loi, représentant de Dieu sur terre, se montrera peut-être clément envers vous, modeste sujet.
9. L’acheteur : C’est
généralement celui qui rend votre projet viable, c’est celui qui signe, qui s’engage, qui donne une réalité matérielle à votre réussite.
C’est souvent un client, en particulier le premier, qui prouve que votre idée a une valeur marchande et qui ouvre la voie à d’autres. C’est aussi parfois un employeur, une sorte de méga gros
client, puisque lui, c’est tout les mois qu’il va vous signer un chèque. Et dans tous les cas, le client est roi. Ce n’est pas lui qui na rien compris, qui ne sait pas reconnaître votre talent,
qui a tord de ne pas s’intéresser à votre projet, c’est vous qui n’avez pas su le rendre captivant. Vous confronter à un acheteur potentiel, c’est l’occasion idéale pour consolider votre
argumentaire, fouiller les besoins du marché et adapter votre offre, en restant humble, à l’écoute et en traitant chaque information comme de l’or.
10. Le
prescripteur : On considère généralement comme prescripteur une personne d’influence, un média, quelqu’un qu’on écoute et qui peut faire écho à votre projet. Mais le prescripteur n’a pas
forcément cette fonction inscrite sur son front, c’est tout un chacun qui, d’une manière directe ou indirecte, peut faire avancer votre projet. C’est pourquoi, clamez vos intentions à la face du
monde et colportez la bonne nouvelle de porte en porte. C’est le meilleur moyen de renforcer votre décision, de vous obliger à vous y tenir et de pousser les forces de l’univers à vous suivre.
Qu’importe si vous donnez par la même occasion le bâton pour vous battre, si certains crient au loup, vous voient déjà à l’asile ou au fond du gouffre. Leur regard changera avec votre succès et
qui sait si les plus alarmistes, les plus conformiste ne seront pas les premiers à vous féliciter, voire à vous suivre ?
Alors, vous en êtes où dans vos bonnes résolutions ? En panne
d'inspiration ? Et si vous laissiez le site générateur de bonnes résolutions lucianoz.free.fr décider pour vous à partir de collage de mots
alléatoires ? Chez moi, ça a donné "Lui suggérer isolément comment tout oser devant tout le monde". Hum... à méditer !
Et vous, ça donne quoi ?
Edit du jour : En attendant mon retour avec des billets plus substantiels, voici quelques liens pour rester en contact
:
- Une chronique télé sur l'opus des courges "Trouver (enfin) l'homme de sa vie", merci la TSF !
- Une interview web de ma très humble personne sur le site "Interdit aux hommes".
Je pars ce jour pour les fêtes de fin d’année et pas question d’abandonner, de laisser seuls, dans le désarroi, sans rien à lire ni à faire sur mon
blog, tout ceux qui n’ont pas la chance, comme moi, d’aller retrouver le véritable esprit de Noël en Alsace. Je suis
consciente de mes responsabilités et j’ai bien l’intention de les assumer. Pour la circonstance, j’ai décidé de faire une entorse à l’orthodoxie de mon blog et de remplacer la traditionnelle
reprise de la chronique de la ménagère que vous devriez retrouver ici, par des devoirs de vacances pour les quinze jours à venir :
1. Il n’est jamais trop tard pour faire son sapin de Noël, certains estiment d’ailleurs que c’est le jour même qu’il faut le décorer et l’allumer, vous trouverez tous mes conseils pour ce faire ici ! Quant aux cadeaux à mettre sous le sapin, si vous ne vous en êtes pas encore occupé, vous risquez de vous retrouver dans le « top des flops », même si vous vous précipitez illico dans les magasins pour limiter les dégâts. Relisez ici les quelques 50 histoires vécues de bloggers, de quoi donner des sueurs froides (et dérider les zygomatiques au passage).
2.
Et une fois le sapin fait, il est temps de confectionner les fameux petits gâteaux de Noël et autres Bredele, nul besoin d’être alsacienne pour
ce faire puisque je vous ai sélectionné les meilleures recettes ici… et voyez les photos de ma production 2007, ça donne
pas envie ? Trois jours et soirs à ne faire que ça, certes, mais le jeu en vaut la chandelle (d’autant que ça fait des cadeaux originaux, pas chers et toujours appréciés). « Et
Weight Watchers ? » Ben quoi ? C’est quoi, ça, Weight Watchers ? (permettez une légère amnésie)
3.
Enfin, vous voilà prêts pour vos bonnes
résolutions 2008, car même si j’émets ici quelques réserves quant à leur utilité, rien de plus efficace que
de se fixer des objectifs pour mettre sa vie sur des rails. Mais des vrais objectifs, pas de « j’aimerais bien… » et de vagues « peut-être ». Pour mériter ce
nom, un objectif doit fait SMAC :
êt
re Spécifique, Mesurable,
Atteignable et représenter un Challenge… commencez donc à y réfléchir et promis, dès la rentrée, que consacre un billet au sujet (avec
en exclusivité le dévoilement de la fameuse méthodologie « Monde de Juliette »)
Edit nouvel an : En attendant, il existe un site (gratuit) consacré aux bonnes résolutions
pour vous aider à tenir les vôtres : bonnesresolutions.com ! Son principe ? "apporter, sous le thème de la bonne humeur et de la simplicité, une aide à toutes les personnes ayant un projet personnel à réaliser : partir en voyage, arrêter de fumer,
perdre du poids, changer de travail, trouver l'âme soeur... Le fait d'inscrire un projet personnel, une date de réalisation et d'avoir un système qui vous relance à la date J, vous apportera une
motivation supplémentaire pour tenir votre bonne résolution. Vous resterez complètement anonyme, pourrez participer à nos forums dans lesquels vous croiserez des personnes ayant des projets
similaires au votre, et créer ainsi votre communauté" ça vaut le coup d'essayer (et d'engraisser un peu leur liste qui n'a même
pas encore atteint les 200 résolutions), non ?
Dans mes différents billets consacrés à nos amis les hommes, je me suis quelque peu avancée
concernant la temporalité du Prince Charmant allant jusqu’à remettre en cause (ici, entre autres) de
façon quelque peu présomptueuse l’existence même de cette figure emblématique, pourtant si ardemment convoitée par les jeunes filles en fleurs (même un brin fanées, les Blanche
Neige et autre Cendrillon n’ont pas d’âge, comme chacun le sait). Une expérience récente me contraint aujourd’hui de revenir sur cette prise de position péremptoire et de
présenter mes excuses pour mon peu de foi et pour tout le mal que mon hérésie a pu provoquer. Je fait amende honorable et me prosterne bien bas, contrite, devant vous car je le sais à présent,
j’en ai eu la preuve éclatante, le Prince Charmant existe bel et bien ! Faut-il pour autant jouer hautbois et faire résonner musettes ? Permettez-moi une dernière fois
de porter la robe de l’avocat du diable et d’émettre quelques réserves quand à l’opportunisme d’attendre le débarquement du fameux prince dans notre vie de tous les jours. Le problème en effet,
c’est qu’il s’agit d’un modèle immuable, créé en d’autres temps, pour répondre aux besoins basiques du pays des merveilles : tuer dragon, chevaucher croc-blanc, conquérir
montagnes et châteaux jusqu’à embrasser la belle (au-bois-dormant et non qui-s’emmerde-au-bureau). Nul nécessité alors d’inclure dans son programme une fonction susceptible de faire
évoluer ses attributs intrinsèques. Les options « communication », « introspection », « remise en cause », « développement personnel » s’avéraient
si parfaitement inutiles, qu’on ne sut quoi en faire. C’est ainsi d’ailleurs, qu’on finit par les implanter dans le modèle féminin (et que les Princesses, à force de se mettre à "réfléchir", ont
fini par devenir de moins en moins charmantes). Donc, voilà le drame : le Prince Charmant existe, mais il est complètement inadapté au monde d’aujourd’hui, il est
parfaitement parfait mais un chouia ridicule, voire grotesque, à l’ouest, saugrenu et pour tout dire : un peu con sur les bords !
Et si vous
n’êtes pas convaincues Mesdames, allez donc vérifier par vous-même en allant voir « Il était une fois », le dernier Disney véritable anti-dépresseur en
pellicule, l’histoire d’un Prince Charmant et de sa belle tombés dans le monde réel, dont ma foi l’homme ne sort pas grandi ! Le spectacle est autant sur l’écran que dans la salle,
chacun y trouvera des résonances quel que soit son âge, le procédé est si malin qu’on se demande pourquoi on ne l’a jamais utilisé avant, l’histoire sait réveiller l’enfant qui sommeille
en nous en réussissant tantôt à nous émouvoir, à nous faire rire ou à nous émerveiller. C’est bien simple, depuis Pretty Woman, je n'avais pas vu à l’écran un conte de fée moderne si
emballant… de quoi me réconcilier avec le Prince Charmant, c’est dire !
Dans ma courge sur le thème changer de vie (ou « prendre une année sabbatique et oser changer de vie », titre
provisoire qui ne m’emballe pas, forte récompense à qui ma proposera mieux !)
je consacre un chapitre à l’équipe. Car même si un changement de vie est une traversée en solitaire et à contre-courant, personne ne réussit jamais seul et chacun, à un moment donné, a besoin de rameuter ses troupes pour
souffler dans les voiles et faire avancer le projet. Construire un projet,
c’est aussi constituer son équipe sur mesure, comme dans les meilleures séries américaines, avec des interlocuteurs qu’on choisit et d’autres qu’on subit.
1. Le jury : Il s’agit d’un pro à l’expertise reconnue, qui n’aura de préférence pas d’influence directe sur la finalité de votre projet afin de pouvoir compter sur son impartialité et ne pas vous « griller ». Il doit être « dur mais juste ». C’est le premier filtre par lequel devra passer votre argumentaire, ne fus-ce que pour vérifier que vous n’allez pas dans le mur. L’idée c’est d’obtenir un avis éclairé, objectif et argumenté à la fois sur votre projet et sur vos capacités à le porter. Le jury est généralement quelqu’un de très sollicité, que vous ne connaissez pas et qui n’a, à priori, jamais le temps. Vous devrez vous armer de patience, de détermination et de compétences pour accéder jusqu’à lui (savoir rédiger une lettre punchy, passer un casting, relancer par téléphone…). Votre atout : Son ego et son altruisme. Nul doute que lui-même est passé par le bas de l’échelle et peut se sent-il redevable, désireux de transmettre son expertise.
2. Le confident : C’est souvent votre
meilleur ami, votre compagnon de fortune et d’infortune, dont l’objectivité importe moins que la capacité à vous soutenir sans vous juger, quelles que soient les circonstances. C’est la personne
qui aura toujours été là pour vous, qui aura suivi l’évolution de votre projet « pour le meilleur et pour le pire », qui vous aura prêté son épaule et suivi sur les montagnes
russes.
Au pire des cas, ce sera un psy. D’accord, il faudra payer pour qu’il vous écoute mais au moins ne risque-t-il pas de vous assener « je te l’avais bien dit » au premier accroc ou
« ça ne va pas durer » quand ça commence à marcher. Dans le meilleur des cas, ce sera votre moitié qui, dans l’ombre, aura assumé tous les rôles : supporter, facilitateur,
remonteur de moral, bouée de sauvetage...
Le projet paraît toujours moins lourd quand il est porté à deux
3. Le fan : Encore mieux qu’une confidente dans les moments de doute, le fan croit en vous plus que vous n’y croyez vous-même. Il analyse comme talent des inclinaisons personnelles qui vous semblent naturelles. C’est parfois votre mère, ou quelqu’un qui vous dit depuis toujours que « vous devriez écrire » ou que vous êtes « faite pour le management », ou encore quelqu’un atteint du « syndrome de la réussite par procuration ». Autrement dit, votre réussite sera la sienne ! Son appui est bien sûr inconditionnel et sa subjectivité précieuse puisque le fan a la faculté de ne voir que vos qualités, de vous faire sortir du lot, de vous mettre sur un piédestal…. En particulier quand vous-même vous sentez englués et le moral en berne.
4. Le proche : Le proche est un membre de
la famille, beaucoup plus concerné, donc bien plus insécurisé par votre projet. Il a peur pour vous, mais aussi peur pour lui, peur de voir s’écrouler son petit monde,
peur d’être négligé, abandonné, laissé pour compte et ses peurs, il aura tendance à les projeter sur vous. Dans l’absolu, le proche serait plutôt quelqu’un à éviter dans un processus de
changement de vie, ou du moins à impliquer au dernier moment, quand vous êtes sûr de votre coup. Faites lui alors comprendre les impératifs de votre projet, prenez-en la responsabilité (sans
demander pour autant une bénédiction), sachez le convaincre que ce n’est pas une lubie et préparez les réponses à ses moindres interrogations. Changer de vie est aussi un exercice de créativité,
se stratégie et de communication. Votre maître mot : le rassurer ! Généralement, il a juste besoin de savoir que vous allez continuer à l’aimer, quoi qu’il arrive. Vous n’en ferez
peut-être pas un allié, mais au moins un coéquipier bienveillant qui vous aidera à tirer la corde quand vous n’en pourrez plus.
5. Le modèle : C’est celui qui a « cassé les plâtres ». Il est la démonstration, la preuve vivante qu’on peut y arriver. Sa fonction principale est de vous inspirer. Vous n’avez pas forcément besoin de le connaître ou de le fréquenter. Une star fait parfois fort bien l’affaire. Son parcours, son mode de fonctionnement vous aideront à façonner votre propre discipline du changement. Mais le modèle n’est pas forcément célèbre, il peut se recruter dans la vie de tous les jours, sur Internet, dans une association… C’est tantôt un mentor, un aîné sage et expérimenté ou un pro, qui connaît les joueurs, les stratégies et les pièges. Il sera généralement ravi de vous mettre au parfum, le modèle étant souvent un prophète dans sa partie, toujours désireux de convertir de nouveaux disciples.
A venir : le coach (contradicteur/avocat du diable), le financier, l’homme de loi, l’acheteur (client/employeur) et le prescripteur... Je n'ai oublié personne ???












